Opération Jupiter… sur Thomson ?

Le car fauché du GIGN face à la bagnole de luxe des preneurs d'otages. Un portrait fidèle de la gendarmerie des années 80.

Le car fauché du GIGN face à la bagnole de luxe des preneurs d’otages. Un portrait fidèle de la gendarmerie des années 80.

 

Non, bien sûr que non, l’image ci-dessus n’est pas tirée d’une version Thomson d’Opération Jupiter. Il s’agit d’une capture d’écran de la version Atari ST. Opération Jupiter n’est sans doute jamais sorti sur Thomson… à ce que je sache. Pourquoi n’en suis-je pas certain ? Parce que cette sortie avait bel et bien été annoncée. Retour rapide mais bavard sur une grosse frustration de mon enfance.

 

Opération Jupiter, ou encore GIGN Opération Jupiter, ou encore Hostages, vous propose d’incarner des militaires du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale. Objectif : venir en secours à des ambassadeurs pris en otage par de mystérieux hommes masqués dont j’ignore tout des revendications. Le programme alterne différentes phases de jeu et, comme on dit dans notre jargon, en jette à mort.

 

Inutile de dire que mon émotion fut grande lorsque je feuilletai du haut de mes 12 ans le numéro d’octobre 1988 de Tilt et que mon regard s’attarda sur la page Micromania du journal. En cette époque pré-Internet, on commandait ses jeux via courrier, ou parfois par Minitel. Et Micromania n’était pas encore une franchise implantée partout. C’était aussi le seul revendeur, ou presque, à proposer encore des jeux pour Thomson.

 

Et un grand merci au précieux site Abandonware magazine.

Et un grand merci au précieux site Abandonware magazine.

 

Mais que virent donc mes yeux égarés en cet instant ? L’annonce d’un GIGN Op. Jupiter parmi les softs en vente pour mon TO8. Oui, aux côtés de Bob Winner ou de l’Arche du Captain Blood figurait en toutes lettres ce jeu d’action qui ne pouvait que me faire baver. Rien d’étonnant, quand on sait qu’Infogrames développera fidèlement des jeux pour Thomson jusqu’au bout. Mais à un moment où chaque nouvelle sortie pour la gamme Moto était un événement, il y avait de quoi bondir d’enthousiasme.

 

La preuve en images.

La preuve en images.

 

Toutefois, et je ne sais plus pourquoi, je n’ai pas immédiatement commandé le jeu. De l’incrédulité juvénile ? Un refus de mes parents de claquer encore 200 balles ? Toujours est-il que non, j’ai attendu patiemment, mais continuais à scruter la présence du jeu dans tous les catalogues Micromania suivants. Pendant ce temps, personne dans la presse ne faisait mention de cette version. En même temps, à part parfois Micro News et son Major Thomson, qui parlait encore de cette machine ?

 

Au final, la marque renoncera à la micro-informatique courant 1989. L’annonce fut brutale et me laissa un goût amer. Les ordinateurs Thomson n’arrivaient commercialement pas à la cheville de leurs concurrents, le baveux Commodore 64 et le pixelleux Amstrad CPC. La ludothèque était pauvre en contenu, les possesseurs trop peu nombreux et, soyons honnêtes, les capacités pas assez développées. La section Thomson finit par disparaître du catalogue Micromania, et le reste appartient à l’Histoire.

 

Pour autant, une question me hante : quid des gens qui ont commandé le jeu ? J’imagine qu’ils ont reçu un remboursement de la part de Micromania, et voilà tout. Mais si par hasard ils avaient effectivement reçu leur commande ? Si quelque part, quelqu’un possédait vraiment une version Thomson d’Opération Jupiter ? Que penser de l’image ci-dessous ? S’agit-il d’un faux grossier, ou existe-t-il vraiment en circulation des disquettes Opération Jupiter pour Thomson ? Réponse : il s’agit d’un faux grossier, je vous rassure, c’est moi qui l’ai fait.

 

 

Autre point : Opération Jupiter fut édité par Infogrames. Et le cofondateur d’Infogrames, Bruno Bonnell, vient récemment d’être élu député de La République en marche dans la 6ème circonscription du Rhône. La République en marche qui est le parti d’Emmanuel Macron, un président qui se dit… jupitérien. Coïncidence, ironie de l’histoire, ou ne nous dirait-on pas tout sur les choses qu’on nous cache ?

 

Plus sérieusement, des développeurs de chez Infogrames avaient-ils commencé à travailler sur un portage Thomson du jeu, ou s’agissait-il juste d’un effet d’annonce, voire d’une erreur pure et simple de la part de l’éditeur ou du revendeur ? Toujours est-il qu’Opération Jupiter aura été une promesse jamais tenue de mon enfance. Je n’en tiens rigueur à personne, mais je voulais tout de même, près de 30 ans après les faits, me venger de mon passé, et présenter le visuel de LA boîte que j’aurais aimé tenir entre mes mains, et dont le jeu n’existera (probablement) jamais.

 

It’s Alive !

6 comments

  1. __sam__ dit :

    Ah je me souviens des pub pour ce jeu moi aussi. Ca m’avait fait baver aussi. Chouette époque que celle où les pub des magazines me faisient encore réver au sujet des ordis. De nos jours, sans doute blasé, plus aucune pub ne me fait envie.

    • Le Thomsonaute dit :

      Oui, c’est mon cas aussi. Je me dis que les jeux étant bien moins évolués qu’aujourd’hui, ils tendaient à plus exciter notre imagination, d’autant plus enrichis de publicités tapageuses. Aujourd’hui, certains jeux sont visuellement plus beaux que leurs propres publicités ou packagings ! Je ne m’en plains pas, mais revers de la médaille : cela laisse peut-être moins de place au rêve… 😉

  2. Stan dit :

    Très bon article un brin désabusé mais réaliste sur ce que fut le marché des Thomson en France. Opération Jupiter et bien d’autres jeux furent annoncés prématurément comme adaptés sur Mo/To dans les pages de pubs des éditeurs…

    • Le Thomsonaute dit :

      Désabusé je l’avoue, mais heureusement une Master System allait quelques mois plus tard m’aider à faire passer la pilule. J’avoue volontiers collectionner depuis ce qui se rapporte à ce jeu précis. Comme quoi, elle n’est passé qu’à moitié ! 🙂

      • Fonf dit :

        Passé du Thomson à la Master System ? Je ne trouves pas le gap visuel si énorme (le gap de jouabilité par contre…).

        Personnellement j’étais passé du TO8D à l’Atari 520 STE, autant dire que je suis tombé de ma chaise la première fois que j’ai lancé Xenon II !

        • Le Thomsonaute dit :

          J’imagine en effet, tout comme j’ai sursauté la première fois que je suis passé du Shinobi de la Master System au Revenge of Shinobi de la Megadrive ! 🙂

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