La Mine aux diamants

J'ai préféré ne pas trop m'étendre sur l'écran-titre, ni sur la musique qui l'accompagne. La méchanceté, ce n'est pas mon genre.

J’ai préféré ne pas trop m’étendre sur l’écran-titre, ni sur la musique qui l’accompagne. La méchanceté, ce n’est pas mon genre.

Résumé de l’épisode précédent : dans un billet dédié à Stone Zone, j’affirmais que le Thomson ne disposait pas d’un Boulder Dash, contrairement à la plupart des autres machines. Mes camarades thomsonistes n’ont pas manqué de me rappeler l’existence de La Mine aux diamants qui, sans être un Boulder Dash à proprement parler, est quand même un sacré clone du célèbre jeu. Résultat ? Voici le Thomsonaute, le rouge au front, qui édite son article et se voit contraint de pondre en urgence un second papier maintenant qu’on lui a rafraichi la mémoire.

 

Afin tout de même de me trouver des excuses, mon sport préféré, je ne crois pas avoir beaucoup joué à La Mine aux diamants dans ma prime jeunesse. Je suis à peu près certain qu’il faisait partie de ma ludothèque, mais bizarrement peu de sensations me sont revenues en lançant le jeu. Alors que Stone Zone, en matière d’ambiance comme d’éléments de gameplay, était bien ancré dans un recoin de mon cerveau. Il n’en demeure pas moins que le soft mérite clairement d’être évoqué, et j’aurais sans doute fait un billet commun si je m’étais souvenu de lui.

Alors, La Mine aux diamants, c’est quoi ? Un Boulder Dash, on vous l’a dit il y a deux paragraphes, essayez quand même de suivre un peu. Mais alors vraiment un Boulder Dash décomplexé : le personnage ressemble à celui de Boulder Dash, les ennemis ressemblent à ceux de Boulder Dash, les galeries ressemblent à… Enfin bref vous avez compris le principe. J’avais clairement tort en disant que le Thomson n’a pas de Boulder Dash alors qu’il a La Mine aux diamants. Reste que j’aurais aimé qu’un élément soit bien le même que celui du jeu initial : la maniabilité.

 

De l'art de se coincer tout seul. Au moins ça laisse le temps d'admirer les couleurs !

De l’art de se coincer tout seul. Au moins ça laisse le temps d’admirer les couleurs !

 

Pour ceux qui ne seraient pas familier avec Boulder Dash, et n’auraient pas lu l’article précédent, le principe consiste à creuser des galeries pour ramasser des diamants, tout en évitant des ennemis et des éboulements. En gros. Autant dire que cela demande un minimum d’adresse, une petitesse de réactivité, et des infinitésimales putains de commandes qui répondent quand on appuie dessus. Pas de chance, La Mine aux diamants souffre de la même tare que Stone Zone : le personnage est lourd à manœuvrer comme pas permis, et demande d’appuyer comme un taré sur une touche pour le faire s’activer ou changer de direction.

Dans Stone Zone, c’était chiant. Avec La Mine aux diamants, c’est parfois insupportable. Je précise quand même avoir testé ma manette sur d’autres jeux, pour m’assurer que le souci ne venait pas de moi (ou de l’émulation), mais non. Dans l’idéal, il faudrait que je teste le jeu dans son jus, mais mes Thomson ne sont pas accessibles pour le moment. Aussi je lance un appel : si vous avez la cassette ou disquette sous la main ainsi qu’un ordinateur fonctionnel, merci de me dire si le problème persiste. Si ce n’est pas le cas, c’est ma très grande faute. Mais au regard des éléments dont je dispose, je suis tenté de penser que c’est bien dans la conception du jeu que cette saleté d’inertie fait des siennes.

Mais au fait, pourquoi est-ce donc à ce point insupportable ? Parce que La Mine aux diamants est un jeu complexe et nerveux, qui demande autant de se creuser les méninges que de savoir réagir vite et (si possible) bien. C’est donc pour le moins agaçant de se prendre un rocher sur la figure ou un ennemi sur la tronche parce que mademoiselle la touche de gauche estime qu’on ne lui a pas appuyé assez fort dessus. Je parle de touches, parce que le jeu est finalement plus réactif au clavier qu’à la manette. Mais pas de quoi hurler au miracle non plus. Les ralentissements lorsque trop d’animations ont lieu de manière simultanée sur l’écran n’arrangent rien non plus.

 

Dans le niveau 5, le jeu prend subitement des allures de gestion de horde.

Dans le niveau 5, le jeu prend subitement des allures de gestion de horde.

 

Alors, faut-il crier à la catastrophe ? Non. Clairement pas. Oui, le jeu gagnerait évidemment à être plus maniable, mais à côté de cela il fourmille de bonnes choses. D’abord, La Mine aux diamants est joli. Le jeu est coloré, l’ambiance est sympathique, et c’est plaisant de retrouver de grands niveaux qui se déroulent sur scrolling, au lieu du seul tableau de Stone Zone. Ensuite, La Mine aux diamants ne prend pas le joueur pour un imbécile. Il représente même un puzzle-game redoutable, sur lequel vous peinerez parfois à trouver la bonne série de manipulations pour éviter de vous retrouver coincé par un rocher, de faire face à une sortie inaccessible ou, simplement, de tomber en panne de diamants. Le tout en proposant aussi des situations particulièrement stressantes.

Revers de la médaille : La Mine aux diamants est foutrement difficile. Et n’attend pas le niveau 72 pour le devenir. Ce n’est pas un hasard si l’écran-titre vous propose de commencer le jeu par le niveau 1, 5 ou 10. Même en connaissant par coeur la méthode pour passer chaque niveau, il n’est pas dit que vous y arriviez. À cela s’ajoute (évidemment) un timer qui, contrairement à Stone Zone, vous tue dès qu’il arrive à zéro. Le jeu compte 16 niveaux, et tous vous donneront du fil à retordre. En toute modestie, c’est mon talent naturel pour manier la fonction sauvegarde de l’émulateur qui m’a permis de venir à bout du tout dernier niveau. Quelle récompense ? Une cinématique d’une qualité incroyable, avec feu d’artifices, danseuses du ventre et musique orchestrale. Non je déconne : le jeu vous ramène au niveau 1 comme si de rien n’était.

Au final, et malgré des crises de nerfs pour cause de commandes dans les fraises, La Mine aux diamants est clairement un bon jeu. Complexe et stressant, mais bon quand même. Qui fait appel à la sagacité, la mémoire et à la dextérité du joueur, mais aussi tout de même à sa capacité d’avoir du bol. Des petits éléments (comme l’ennemi qui lâche des diamants quand on le tue, ou la barrière qui transforme les rochers en diamants et inversement) relance souvent le gameplay, évitant au jeu de se montrer trop rébarbatif. Avec une maniabilité correcte, désolé si j’insiste, La Mine aux diamants serait donc un excellent puzzle-game. En l’état, il laisse au joueur, comme souvent, un arrière-goût de frustration.

 

Moment de félicité : la sortie du seizième (et dernier) niveau à un pas... et l'éternel recommencement pour récompense.

Moment de félicité : la sortie du seizième (et dernier) niveau à un pas… et l’éternel recommencement pour récompense.

 

9 comments

  1. Samuel DEVULDER dit :

    En fait plus j’y pense, et plus je me dit que « Frustration » est le sentiment qui revient le plus souvent après avoir joué aux les jeux Thomson « TO7/MO5 » (surtout si on y a joué en parallèle sur les CPC et autre C64). C’est ainsi que j’ai ressenti par exemple Sorcery quand j’ai vu que le moteur de sprite laissait trainer des couleurs sur le fond noir et que les sprites passant par là se retrouvent teintés par la couleur du dernier sprite qui soit passé par là. Idem Frustration quand j’ai découvert que Coliseum était hyper lent, car écrit en basic pour l’essentiel, frustration devant la pauvreté graphique et la lenteur d’accès aux donjons sur cassette dans Mandragore, et plus généralement frustration totale devant le bruitage absent ou trop présent des productions thomson. Par contre il y a quelques jeux qui ont échappés à cette Frustration chez moi car rapide ou super beau comme: 5axe ou Sortilège.

    • Samuel DEVULDER dit :

      Ooops j’ai vraiment très mal écrit certaine phrases. Ca m’apprendra à ne pas me relire. Désolé.

    • Le Thomsonaute dit :

      Hello Samuel, oui en effet la frustration était souvent au rendez-vous face à des jeux qui n’exploitaient pas les capacités réelles de la machine. Restent de très belles réalisations qui rattrapent le tout et restent dans les souvenirs 🙂

  2. Fonf dit :

    Ca c’est du rapide pour la Mine aux Diamants ! Normal en même temps pour la Killer App du Thomson 🙂

    Dans mes souvenirs le jeu était maniable mais dans mes souvenirs l’aigle d’or aussi était maniable, je ne suis pas sur qu’on puisse leur faire confiance donc.

    Tu n’as pas perdu de temps pour le terminer en tout cas, tu m’as presque donné envie de me le tenter sur émulateur, pour la gloire d’enfin le terminer.

    • Le Thomsonaute dit :

      Hello Seb, il faut dire qu’avec un émulateur et sa fonction sauvegarde, tout va toujours plus vite ! Sans ces outils de triche, je ne pense pas que j’en serais capable. 😉

      • fonf dit :

        Autant je me lances des défis de terminer des jeux 16 bits console ou micro dans les conditions de l’époque (merci https://retroachievements.org d’exister d’ailleurs), autant les jeux 8 bits genre Thomson/Amstrad, jamais je les tenterai sans sauvegardes !

        A part peut être certain que j’avais terminé à l’époque comme L’aigle d’or, Sorcery ou Arkanoid. Mais La mine aux Diamants, Sapiens et autres 5e Axe ou Game Over, il faudrait qu’on me retienne en otage pour que je les tentes « à l’ancienne ».

  3. Adnz dit :

    ah oui j’y ai passé des heures à ce jeu, sympa et ludique…

  4. I had this game for my Olivetti PC128 and despite cover was in Italian (La miniera dei diamanti), title screen was in french, so for a little I thought they put the wrong cassette in the box. I always had that fear!

    I remember my tape had a light « bubbling sound » while loading and I fantasied It was the sound from an italian « Moca » of the miner making his coffee before going working in the mines!

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