Le 5ème Axe

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Le jeu est signé Didier et Olivier Guillion, également auteurs du magnifique Sapiens. Des génies, en somme.

 

Bien sûr, parler du 5ème Axe quand on évoque le Thomson, c’est prendre le risque de se faire reprocher un cruel manque d’originalité. Oui, Le 5ème Axe est connu et reconnu, il compte parmi les grands classiques de son époque, et même les légendes de la ludothèque de la gamme Thomson. Mais il n’est pas inutile de rappeler ce qui fait de ce jeu, aujourd’hui trentenaire, une réussite.

 

Le 5ème Axe parvient l’exploit de dessiner un univers particulièrement déroutant en usant d’une sobriété à toute épreuve. À quelques exceptions près, la totalité du jeu se déroule sur des plates-formes. Et quand je parle de plates-formes, je ne fais pas référence à des Mario Bros ou des Alex Kidd. Je parle de longues plates-formes, parallèles, jonchés de trous pour descendre et d’ascenseur pour monter. Et c’est marre.

 

Cela n’empêche aucunement le jeu de proposer un scénario d’un futurisme ébouriffant. Le 5ème Axe parle ni plus ni moins de voyages dans le temps, et plus précisément d’une machine à remonter le temps dont les morceaux ont été éparpillés aux quatre coins du monde… et des époques. La mission de votre personnage ? Aller les récupérer les uns après les autres, naturellement au péril de votre vie, sinon ce ne serait pas fun !

 

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À l’attaque !

 

 

Le jeu se divise ainsi en deux parties : la première consiste à se promener de plates-formes en plates-formes afin de collecter des objets qui permettent d’engranger des points et d’accéder, au bout d’un certain score, à la deuxième partie. Cette dernière se présente pour sa part comme une course effrénée où le héros devra arriver à bon port avant la fin d’un temps limite, tout en évitant les obstacles (flèches, piques sur le sol, pierres tombant du ciel) qui chercheront à lui barrer la route.

 

C’est sur la base de ce mode de jeu que Le 5ème Axe déroule un univers pour le moins iconoclaste. Si les plates-formes se distinguent par leur sobriété, ce n’est certainement pas le cas du bestiaire que notre héros devra affronter. Dragons montés sur roulettes, cerveaux dans des bocaux électrifiés et autres chimères improbables vous donneront du fil à retordre. Enfin, pas forcément au début, mais à mesure que l’on progresse dans le jeu, les choses se compliquent.

 

Il faut bien comprendre que l’on débute dans Le 5ème Axe avec un stock d’énergie remarquable. Pour parler crûment, votre personnage est un véritable sac à PV, et il est même possible de le « pimper » avant le début de la partie. Mais ne vous laissez pas surprendre : le jeu est long. Très long. Et il n’est pas possible de regagner de l’énergie. En somme, vous devrez faire avec ce que l’on vous donne au début, et c’est tout.

 

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Voyage dans le temps : banlieue parisienne, 20ème siècle…

 

Cela vaut d’ailleurs pour toutes les caractéristiques de notre héros. Sa vitalité (autrement dit : son énergie vitale), sa force (qui conditionne la puissance des coups) et son agilité (dont dépendra la longueur de ses sauts). Quant à la quatrième « caractéristique », le 5ème axe, elle est l’indice d’évolution du jeu. Chaque nouvelle étape survient lorsqu’elle atteint sa dizaine supérieure, à mesure que l’on tue des ennemis ou ramasse des objets.

 

Le but est donc bel et bien de faire augmenter ce chiffre le plus vite possible, afin de ne pas trop gaspiller sa vie comme sa force. Pour ce faire, on aura intérêt à aller chercher les objets les plus rares, ceux qui rapportent le plus de points, et se trouvent évidemment sur les plates-formes les plus élevées. À vous de trouver comment vous frayer un chemin.

 

Je dois dire qu’enfant, je n’avais jamais réussi à atteindre la plus haute des plates-formes. Il me manquait une astuce que j’ai finalement découverte près de trente ans plus tard. Comme quoi, tout finit par arriver. N’ayons pas peur des mots : c’est un véritable fantasme que j’ai finalement réussi à assouvir – en tout bien, tout honneur.

 

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L’ultime plateforme, ou le toit du monde.

 

Le 5ème Axe n’est pas seulement long : il est également dur. Encore une fois : en tout bien tout honneur. À mesure que l’on progresse dans le jeu, les ennemis deviennent de plus en plus rapides et de plus en plus coriaces. Mais ce n’est rien comparé à l’autre phase de jeu, le fameux épisode de la course qui permet de récupérer les différents éléments de la machine à remonter le temps.

 

Cette phase est essentielle autant qu’obligatoire : si vous échouez à atteindre votre objectif dans le temps imparti, votre 5ème axe retombe à sa dizaine inférieure et il vous faut tout recommencer. Avec en prime un malus d’agilité qui réduira de manière particulièrement agaçante la qualité des sauts de votre personnage.

 

Et c’est sans doute là que se présente le plus gros défaut du jeu : cette phase de course souffre d’un manque certain de lisibilité. Si les flèches que l’on vous décoche sont parfaitement visibles, il n’en va pas de même des pièges que vos ennemis font tomber du plafond et tendent à se confondre avec le décor. Un souci qui, dans les derniers niveaux où la difficulté atteint son paroxysme, se montre particulièrement rédhibitoire.

 

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Le niveau infernal.

 

Si j’ai finalement pu finir Le 5ème Axe, c’est encore une fois grâce à l’émulateur et sa fonction de sauvegarde bien utile. Sur mon TO8D, je crois n’avoir pas pu dépasser le huitième niveau. Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Pour autant, cela ne m’a pas empêché de revenir avec plaisir sur chaque nouvelle partie. Parce que Le 5ème Axe est vraiment agréable à jouer. Notamment grâce à sa fluidité – remarquable pour un jeu développé sur MO5 – qui ne souffre que de quelques ralentissements épisodiques, et grâce à la qualité de ses animations.

 

J’ai lu quelqu’un comparer le jeu à Prince of Persia et il y a de ça : les détails graphiques de la course comme de la marche du personnage principal sont bluffants. Mais surtout, ils ne viennent pas polluer sa maniabilité. Au contraire, il est vif, réagit au joystick au quart de tour, et se révèle particulièrement plaisant à manipuler.

 

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Attention aux piqûres d’abbaye !

 

Au final, on ne peut qu’être admiratif devant Le 5ème Axe, un classique novateur et audacieux dans lequel on se lance avec plaisir, et qui ne souffre au final que d’une difficulté par trop exagérée dans sa dernière partie, entraînant l’inévitable frustration du joueur qui ne peut qu’assister à la lente agonie de son personnage sans pouvoir y changer grand-chose.

 

À moins qu’il ne s’agisse là d’une leçon de vie, et que nous soyons tous en quête d’un inaccessible 5ème Axe ? N’oublions jamais qu’après tout, nous sommes tous de patients voyageurs dans le futur, regrettant bien souvent de ne pas disposer d’une machine permettant de refaire du passé notre présent.

 

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L’anachronon éliminé, et le monde est sauvé.

 

8 comments

  1. Stan-W dit :

    Un très bon ressenti que je partage. D’ailleurs, je pense que 100% des Thomsonistes classeront ce jeu parmi leur Top 5. J’ai d’immenses souvenirs de jeu en famille ou entre copains, à noter les clefs nécessaires à passer au dessus des trous les plus larges, le « cri » des adversaires est également gravé.
    Les étapes (tous les 10% de 5eme Axe) étaient un peu la carotte du soft, on se demandait quel magnifique (sic) décor et époque nous allions découvrir…
    Quel talent ces frères Guillion et quelle maitrise du processeur sonore (Sapiens explosera tout dans ce domaine) ! .

    Je pense que tout a été dit dans ton excellent article. De mémoire, la puissance des coups baisse à chaque coup donné porté et peut-être que les 3 caractéristiques remontent un peu à chaque époque franchie (à vérifier).
    Un « bug » permettait de tanner les monstres en un seul coup, je crois qu’il fallait faire un coup de pied sauté sur place mais c’est tellement lointain que j’ai du mal à me souvenir de la manipulation.

    Pour ma part, sur Mo5, j’ai atteint plus de 90% mais ne l’ai jamais bouclé et je n’ai jamais réussi à atteindre ce satané dernier étage non plus. Quelle est ta technique?

    Pour finir, je dirais que cette version dépouillée de tout décor de fond est meilleure que la version CPC, fouillie, bien qu’un tout petit plus rapide.

    • Le Thomsonaute dit :

      Bonjour Stan, en effet il est possible de tuer certains ennemis en un coup en les frappant durant un saut. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un bug d’ailleurs, juste d’une disposition de combat. 😉 À noter que la méthode consistant à les frapper de manière à les faire tomber dans un trou est également très efficace, du moins jusqu’à ce qu’arrivent les monstres capables de voler !

      Pour atteindre le dernier étage, il « suffit » d’attraper une icône ronde, puis d’accéder à la seconde plateforme rouge. Celle-ci comporte deux trous bien trop larges pour pouvoir être franchis d’un simple saut, mais disposant tous les deux d’une borne nécessitant un symbole rond pour être passée en mode « tapis roulant ». C’est ainsi que l’on peut accéder à l’ascenseur menant aux plateformes supérieures. Petit, je n’avais simplement pas percuté que ces fameux symboles permettaient de passer les trous présentant des bornes correspondantes. D’où mon blocage…

      Une chose est sûre : atteindre 90 % sur le jeu d’origine, c’est une très belle performance ! 🙂

      • Stan-W dit :

        Pour atteindre et dépasser les 90%, je m’étais accroché, c’est sûr. D’un autre côté, 10mn de chargement avant de lancer le jeu, ça motivait les troupes… 🙂

        Pour les clefs, je les utilisais mais je n’ai cependant jamais atteint le niveau le plus élevé. Je sais qu’un ascenseur situé juste après un trou sur une toute petite plateforme me donnait du fil à retordre… Je pense que c’est ce chemin…

  2. __sam__ dit :

    Ah et la musique d’intro du 5e axe? Un régal. Les bruitages dans le jeu sont eux juste passables, mais comme il se font avec le buzzer on peut lui pardonner ca 🙂

    • Le Thomsonaute dit :

      Il est vrai que dans la précipitation, j’ai oublié de mentionner l’introduction offrant à entendre la Toccata et fugue de Bach, ce qui est un effort louable et remarquable quand l’immense majorité des jeux, y-compris ceux qui allaient être développés quelques années plus tard, ne s’embarrassaient pas de la moindre musique d’intro. 🙂

      • __sam__ dit :

        La première fois que j’ai entendu la musique d’intro je n’en croyais pas mes oreilles. J’étais persuadé que le son venait de la K7 du jeu!

  3. HP dit :

    Un superbe jeu sur MO5 effectivement, très très au dessus de la mêlée d’un point de vue technique et même artistique.

  4. Boris dit :

    Pour ma part le 5eme Axe je l’avais (encore aujourd’hui) eu avec mon to9
    J’en garde un très bon souvenir.
    Bonne continuation

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